Mahorais


Quand, en 2003, je suis rentré de Nouvelle Calédonie après trois semaines à avoir rencontré les enfants qui avaient élu Prix Livre Mon Ami mon roman Loin des yeux près du coeur , j'ai écrit un poème, Kanak.
 Il y a quelques jours, je reçois un recueil de poèmes, réalisés par des enfants de Mayotte, dans le cadre du 14e Printemps des poètes (lire sur le site du rectorat).
Le principe en est simple : un poème d'un auteur, et, en face, le poème qu'il a inspiré à un enfant, le tout accompagné d'une illustration réalisée lors d'ateliers menés par Isabelle Simon
Et là, surprise (un coup de Thérèse), je retrouve mon poème, Kanak , avec, en face, Mahorais, le poème d'Ousséni Addallah Naïmati, du CM2 de l'école de Tsoundzou.
Je me suis souvent demandé, et au moment même de l'écriture de ce poème, de quel droit je pouvais écrire un truc du genre "Je suis Kanak et fier de l'être". C'est quoi, cette usurpation, cette audace sans vergogne à parler au nom de l'autre ? Ça m'a travaillé, cette histoire. Mais bon, maintenant je sais pourquoi je l'ai écrit. Pour qu'un gamin, alors à peine né, le lise dix ans plus tard et écrive : "Nous sommes tous mahorais !"
Merci à Ousséni Addallah Naïmati et à Thérèse.