Les dilemmes du Père Noël - (avant sa dernière année)


«S’il n’avait tenu qu’à lui, le Père Noël serait descendu chez tous les enfants. Il aurait décuplé ses forces et il y serait parvenu en une seule nuit. Mais ce n’était pas lui qui décidait. Quelques jours avant le 25 décembre, il recevait par la Poste une liste de noms. Il ouvrait alors son grand cahier, celui où il notait les adresses des enfants qui lui avaient écrit, et il cochait les noms indiqués sur la liste. À ceux-là, il apporterait un cadeau. Aux autres, non. Il n’avait jamais vraiment su qui lui envoyait cette liste, mais d’aussi loin qu’il pouvait s’en souvenir, ça s’était toujours passé comme ça. Et, la nuit du 24 décembre, il n’écartait jamais son traîneau du chemin ainsi tracé par son correspondant anonyme. Le Père Noël trouvait cela injuste, mais il préférait ne pas trop y penser. Y penser lui aurait fait perdre sa joie de Père Noël. Et, sans cette joie, il ne serait plus descendu chez aucun enfant. Cela n’aurait-il pas été encore plus injuste ?»
(p. 11 - 12, et sur la photo le Père Noël est dans l'atelier de Benoît Morel )