Get a good job with good pay and you're okay


Combattre pour le revenu des auteurs en pleurant famine est vraiment une stratégie aussi mauvaise que larmoyante. Parce qu'un auteur affamé, c'est tout aussi possiblement un auteur qui ne vend pas, qui ne vend plus.

Or vivre de l'écriture, ce n'est pas seulement écrire - sauf à vouloir un statut de salarié pour les écrivains. Le livre, c'est aussi du commerce. Pour une raison ou une autre, tu vends assez : tu vis de ton écriture. Pour une raison ou une autre, tu ne vends pas assez : tu ne vis pas de ton écriture, même si tu trouves ça scandaleux et que tu en es meurtri au plus profond de toi.

Sur cette question, la seule revendication qui tient la route est : l'auteur perçoit-il suffisamment sur la vente d'UN exemplaire ? C'est tout le sens de la taxe PSTA ("droit fixe"), non soumise à la répartition du prix du livre, qui pourrait venir s'ajouter au droit d'auteur proportionnel : une taxe justifiée par le travail fondateur et spécifique de l'auteur. Une taxe sur toute transaction marchande concernant le livre, papier ou dématérialisé, à prix plein ou soldé.

Exemple : sur un livre ou un ebook à 10€, 8% de droit d'auteur = 0,80€ + PSTA à 0,50€ = 1,30€. Sur un livre à 5€ avec un auteur et un illustrateur, 4% de DA pour chacun = 0,20€ + PSTA à 0,25€ = 0,45€ pour chacun. Sur un livre soldé sur lequel actuellement l'auteur ne touche rien : 0€ de DA + PSTA 0,50€ = 0,50€.

Prenez vos derniers relevés de droits d'auteur. Calculez. Vous verrez la différence. Et je ne parle pas là seulement pour les auteurs qui ont leur visuel en 4x3 dans le métro ou qui passent à la TV, mais pour les autres aussi. Et même pour ceux qui ne vendront jamais assez pour en vivre.