Blog d'un écrivain jeunesse pour lequel l'écriture n'est pas un métier — mais un travail.

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Le texte entier et rafraichi de L'oasis épuisé



Chaque jour, 1 page d'un de mes livres.
Aujourd'hui, une page extraite de :


L'oasis
Illustrations Olivier André
éd. Nathan
(épuisé)

L’Oasis

«Vite, vite !» crie Tarek.
Et courent les hommes,
courent les femmes,
courent les enfants,
courent les chameaux.

« Le soleil va se coucher,
la nuit va tomber,
le désert va se cacher.
Il faut être les premiers ! »

Et vite, vite, court la tribu des Hommes en noir.

«Vite, vite !» crie lui aussi Habib.
Et courent les hommes,
courent les femmes,
courent les enfants,
courent les chameaux.

« Le soleil va se coucher,
la nuit va tomber,
le désert va se cacher.
Il faut être les premiers ! »

Et vite, vite, court aussi la tribu des Hommes en bleu.

Mais toujours il y eut les premiers, les derniers.
Toujours les Hommes en noir les premiers,
toujours les Hommes en bleu les derniers.

Et toujours quand la tribu d’Habib parvenait à l'oasis,
toujours la tribu de Tarek l’avait déjà accaparée.

Les hommes,
les femmes
et les enfants de la tribu en noir
s’endormaient alors la soif apaisée et le corps rafraîchi
sous les tentes dressées autour de l'eau.

Les bouches assoiffées, les corps endoloris,
ceux de la tribu en bleu devaient attendre
le matin un peu plus loin,
que les Hommes en noir soient partis.

Mais ce soir-là, de colère,
le vent se lève d’un côté de la dune
et souflle face aux Hommes en noir
qui ne peuvent plus avancer.

À l’opposé, rien n’arrête les Hommes en bleu.
« Vite, vite ! », leur crie Habib.

Parvenus les premiers à l’oasis,
vainqueurs de la course et fous de joie,
hommes, femmes,
enfants et chameaux de la tribu en bleue
se précipitent dans l’eau.


Habib, lui, reste en retrait.

Voici la première fois qu’il est le premier,
et pourtant il ne semble pas satisfait.

Alors c'est sous les tentes
plantées plus loin
que les hommes, les femmes
et les enfants de la tribu d’Habib
s'endorment ensuite la soif apaisée et le corps rafraîchi.

Quand les Hommes en noir arrivent enfin, épuisés,
rien ne les empêche de s’approcher de l'eau.

L’oasis n’a pas été accaparée,
leurs bouches assoiffées et leurs corps endoloris
n’attendront pas demain matin.

C'est la nuit.
Sous leurs tentes bleues ou noires,
les hommes, les femmes,
les enfants dorment tous
la soif apaisée, le corps rafraîchi.

Au bord de l’eau, en silence,
Habib et Tarek boivent le thé.
La lune sourit.

(texte original légèrement modifié)

Le texte entier et rafraichi de L'oasis épuisé Le texte entier et rafraichi de L'oasis épuisé Reviewed by Thierry Lenain on septembre 03, 2018 Rating: 5
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