Blog d'un écrivain jeunesse pour lequel l'écriture n'est pas un métier — mais un travail.

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Et si payer les rencontres en droits d'auteur était une erreur ?

Illustration empruntée à l'album Flagada d'Henri Dès

A l'occasion d'une récente polémique autour de la rémunération par le Le Labo des histoires de certaines interventions d'auteurs et illustrateurs, me revient à la mémoire un texte du défunt SCEI, Syndicat (d'auteurs et illustrateurs) pour une Convention Collective de l'Ecrit et de l'Image, que nous avions monté en 2007 :

« - Nous mettons en garde contre la rémunération des activités annexes par des paiements en droit d'auteur. La généralisation de ce type de paiement entretient une confusion dommageable quant à la définition même du statut et de la nature de l'auteur : qu'est-ce que la création si elle est rémunérée de la même façon que l'animation d'un atelier d'écriture ? Ce système de paiement, apparemment alléchant, fragilise à terme la défense du vrai droit d'auteur : pourquoi en augmenterait-on les taux (voire : pourquoi ne les diminuerait-on pas ?) puisqu'il «suffit» à l'auteur de mener une activité annexe pour améliorer ses revenus ? L'auteur lui-même, lassé de se battre en vain pour de meilleurs conditions contractuelles, finit par s'y résigner. Plus grave : peu à peu s'installe dans les esprits l'idée que l'auteur n'a pas à exiger que sa création seule lui permette d'obtenir des revenus suffisants, mais qu'en plus il doit à la société une participation à certaines activités. Peu à peu s'installe dans les esprits que la création n'est pas une contribution suffisante à la communauté.

- Nous préconisons donc que les rémunérations des diverses activités soient distinguées dans leur nature même - charge à la loi de permettre ensuite leur cumul pour le calcul des droits sociaux. Le droit d'auteur revalorisé doit rémunérer la vente de la création. Un autre système de paiement doit rémunérer les activités annexes : c'est pourquoi nous demandons l'instauration d'un «chèque emploi culture» pour ces activités. La clarté qui en découlera sera bénéfique à tout point de vue.

- Nous revendiquons avant toute chose une revalorisation du droit d'auteur généré par la vente des ouvrages; c'est pourquoi nous demandons l'instauration du Prix Spécifique du Travail de l'Auteur (PSTA) et celle de la Taxe de Péréquation pour la Création (TPC) sur tous les exemplaires vendus par quelque revendeur que ce soit.»

Et si payer les rencontres en droits d'auteur était une erreur ? Et si payer les rencontres en droits d'auteur était une erreur ? Reviewed by Thierry Lenain on octobre 03, 2018 Rating: 5
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